Archive for février, 2007

:: L’ABUS DE SONDAGES NUIT A LA SANTE ::

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Le sondage d’opinion, né aux Etats-Unis, apparaît pour la première fois en France à la fin des années 30.
Dès les débuts, il pose des problèmes d’interprétation : ainsi selon l’un d’eux en juillet 1939, 45% des Français ne croyaient pas qu’ils « allaient entrer en guerre ».
Mais s’agissait-il d’un souhait, d’un pronostic, ou bien d’un refus ?
Le sondage a donc été ambigü dès ses débuts. Qui aurait cru qu’aujourd’hui il deviendrait l’un des outils favoris de nos politiques ?

Tout d’abord, la formulation des questions posées : à elles seules, elles influencent ou du moins cadrent le type de réponses qui peut être donné.
Un exemple ? Une étude menée sur des sondages effectués au moment des bombardements de l’armée américaine sur la Libye en 1986 a révélé des décalages considérables de réponses en fonction de l’intitulé de la question. Quand la question était floue, citant « l’action américaine contre Kadhafi », 60% d’américains se disaient favorables aux bombardements. Quand de l’autre côté, un magazine parlait clairement de l’armée américaine, de bombardements et nommait les villes touchées, seulement 40% d’américains soutenaient ces actions. La marge est énorme…

Par ailleurs, il s’agit de ne pas perdre de vue que le sondage n’est qu’une photographie à un instant T de ce que pensent les gens à propos d’un sujet. Comme sur n’importe quelle photo, si celle-ci est prise un jour avant ou après, tout aura sensiblement bougé dessus. Il en va de même pour un sondage d’opinion qui ne doit pas laisser planer l’illusion d’une opinion fixe et d’une prédiction de ce qui va arriver.

Le sondage remplace peu à peu l’enquête. Commander un sondage d’opinion revient moins cher et est intellectuellement plus confortable que d’envoyer un journaliste sur le terrain pour se cogner à la réalité et recueillir la complexité des compréhensions, des discours, des actes, des opinions, des politiques publiques…

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Et en cette période de campagne éléctorale, un véritable champ de forces s’est installé entre politiques-public-médias-sondages, où chacun tire les ficelles de l’autre : les médias interprètent et font dire des choses aux publics à travers les sondages, qui à leur tour déterminent quel sera ‘le sujet à la mode’ pour les discours politiques, et ainsi de suite.

En ce moment, les sondages sont utilisés très fréquemment pour tester des arguments, repérer les préoccupations des élécteurs, dans la perspective de Mai 2007. Les élus utilisent aujourd’hui de plus en plus ce que l’on appelle les « focus groups », qui sont des petits groupes de sondés que l’on fait discuter, que l’on observe, et auxquels on emprunte un certain nombre de mots, de réactions, etc. pour nourrir les programmes.

Tout le monde influence tout le monde, et cela aboutit à des discours de plus en plus creux, sans prise de risques, sans véritables convictions et où les coups bas ne se font plus en face à face lors de débats houleux, mais par derrière.

Pourtant, l’Histoire a montré que les Français peuvent se réveler surprenants : par exemple, lors de l’éléction de 1974, Jacques Chaban-Delmas, ancien Premier ministre de Georges Pompidou, fut largement distancé à droite par Valéry Giscard d’Estaing alors qu’il apparaissait comme susceptible de l’emporter…

Et ce jour-là, un nouveau mot fut crée : être « chabanisé », ce qui signifie pour un candidat d’être éliminé au premier tour alors qu’il est censé être présent au second.

Allez, maintenant, quand on vous parlera encore une fois de Jospin en 2002, vous pourrez répondre négligeamment : « Ah oui, celui qui s’est fait chabaniser… »

février 14, 2007 at 3:46 1 commentaire

:: QUAND LA DEMOCRATISATION MENE A LA NAUSEE ::

Ainsi donc, aujourd’hui, tout le monde est écrivain grâce aux blogs et aux éditeurs en ligne, tout le monde est journaliste politique grâce aux émissions télévisées de « débats » (cf TF1 J’ai une question à vous poser), tout le monde est photographe grâce aux appareils photo numériques, tout le monde est acteur et réalisateur grâce aux webcams et au DV, et j’en passe et des meilleures.

Seul problème de taille pour toutes ces créations : il n’y aura bientôt plus de public. Le fauteuil du spectateur sur lequel se braqueront tous les projecteurs sera désespérément vide.

La surconsommation trouve son reflet dans l’overdose de contenu produit chaque jour, tant dans les médias professionnels qu’amateurs. Pour se démarquer, chaque production n’a donc qu’un atout: sa nouveauté, éphémère bien entendu. Rien qu’avec la production de 2007 à l’heure actuelle, donc seulement d’un mois et demi, on en aurait jusqu’à 2027 pour tout examiner sommairement.


 

février 12, 2007 at 11:19 1 commentaire

:: C’EST DIT ! ::

 » Je ne suis pas xénophobe, mais francophile ! « 

J-M Lepen, dans « J’ai une question à vous poser » sur TF1 le 12/01/06.

Mais quand il dit francophile, de quoi ou de qui parle-t-il ?

OU ?

février 12, 2007 at 8:39 Laisser un commentaire


Blog d’Alexandra.

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